Nos dossiers exclusifs Quelle est la véritable valeur du bac ?

Critiqué par certains, bradé pour d’autres, le baccalauréat suscite depuis quelques années le débat au sujet de sa véritable valeur.

Le baccalauréat a-t-il encore un sens ? L’année passée, le taux de réussite des trois séries générales a atteint un nouveau record de 86,9% ! Il est donc légitime de s’interroger quant à la véritable valeur de ce diplôme. « De ces diplômes, rectifie Marc Ranaivo, professeur dans un lycée de Franche-Comté. Il existe en effet plus d’une soixantaine de types de bac actuellement et, ne serait-ce que parmi les trois diplômes généraux, les valeurs sont bien différentes. La preuve, le bac littéraire tombe petit à petit en désuétude, attirant seulement 50.000 élèves chaque année, tandis que la série scientifique regroupe plus de la moitié des 300.000 bacheliers généraux », souligne-t-il.

La bonne cote des bacs pros et technos

Si la valeur est différente d’un diplôme à l’autre, elle demeure néanmoins bien existante, notamment au niveau des bacs pros et technos. « Paradoxalement, le bac professionnel comme le bac technologique semble avoir davantage de valeur qu’un diplôme général. Cette impression est simplement due au fait que, après de tels diplômes, il est fréquent que les étudiants se lancent directement sur le marché du travail, tandis que le bac général ne constitue qu’une étape vers l’enseignement supérieur et des diplômes plus élevés », analyse Michel Runigo, directeur du lycée professionnel maritime et agricole de La Rochelle.

Une valeur qui est en partie fonction des débouchés

Par ailleurs, nombreux sont les professeurs et les professionnels à estimer que la valeur du baccalauréat réside dans ce à quoi le diplôme peut donner accès. « Les bacs S et ES sont les plus cotés car, à l’issue, les possibilités sont extrêmement nombreuses. A l’inverse, un bac spécialisé est moins réputé parce que les débouchés sont moins variés, fermant des opportunités aux élèves qui ont souvent peur de se décider et surtout d’éliminer des pistes possibles pour l’avenir… », explique Marie-Claude Bertrand, conseillère d’orientation à Paris.